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samedi 28 juin 2014

Yahoo ou le repère des racistes frustrés.

Ça fait un moment que je passe sur Yahoo quotidiennement pour suivre un peu les actualités puisque je ne regarde plus la télé depuis déjà cinq ans. C'est fou comme le temps passe vite. Mais bon, depuis que je suis à Oslo je dois avouer que c'est le seul site où je prends le temps de lire les commentaires de mes compatriotes. Depuis quelques temps, j'ai l'impression que les commentaires racistes ou haineux se multiplient et du coup, j'ai décidé pendant une heure de regrouper tous les commentaires significatifs que je trouvais sur le site. Au début, j'imaginais ne pas en avoir assez pour écrire mon article mais je me trompais il semble.

Quelques mots clés :
1) Boukak → (Vulgaire) Arabe ou Noir. [ Synonyme : Bougnoule ]
2) Cpf → Chance pour la France,  expression ironique utilisée par les internautes d’extrême-droite pour désigner les immigrés ou les Français issus de l’immigration.
3) Français de papiers → Français issus de l'immigration. ( Quelqu'un comme moi. )



En lisant ce genre de choses on peut se questionner sur l'avenir. Moi ça me donne surtout envie d'apprendre à utiliser un 9mm au cas ou une guerre civile éclate en France. ( Je plaisante … enfin je crois. ) Mais soyons sérieux un instant et essayons d'être plus futés que les auteurs des commentaires postés plus haut. Ce qu'il faut retenir de ces commentaires pour commencer :

Les Français de « souche » sont plus importants que les Français « de papiers » qui sont eux-même plus important que les immigrants qui sont eux-même un chouïa plus tolérable que les immigrants sans papiers. Vous me suivez toujours ?

Les Français de « souche » sont tous des saints qui se font régulièrement agressés par des musulmans, des noirs ou cambriolés par des Roms.

Les Français de « papiers » profitent du système et amassent des fortunes grâce aux aides de l'état Français. Un bon Français de « papiers » payent des impôts, trime toute la journée et ne se plaint jamais. Si il se plaint il ferait mieux de retourner dans son pays « d'origine » car même si il est né en France, la France n'est pas vraiment son pays.

Les quartiers dits sensibles sont violents par ce qu'ils sont remplis de Français de « papiers » et d'immigrants. Oui, le problème n'est pas la misère économique et le manque d'éducation. Ils portent naturellement dans leurs gênes et cultures barbares un goût prononcé pour la violence et la criminalité.

Les journalistes cachent la vérité dès qu'ils ne donnent pas l'origine ou le noms de famille des criminels dans leurs articles faits divers. Oui, c'est obligatoirement un étranger ou un français de papiers qui à fait le coup.

Christiane Taubira, la ministre de la Justice est la cause de tous les problèmes de récidives et des crimes en général par ce qu'elle n'a pas su enfermer les individus louches au cas par cas. N'oublions pas aussi qu'elle n'est pas née en Métropole et a un accent des îles. Elle ne peut être qu'une traîtresse cherchant à faire souffrir les français de souche, protéger les français de « papiers » et les immigrants qui se détournent du droit chemin.

Il faut voter Marine Le Pen aux présidentielles par ce qu'elle mettra dehors tous les étrangers.

Soyons sérieux quelques minutes après cet amas d'absurdités. Quand je pense à tous ces commentaires et les personnes qui les écrivent je me pose une question. Pense t-il réellement qu'ils sont les seuls à être mécontents et avec des prétentions? Ça me fait penser à un dialogue dans Game of Thrones où Cersei Lannister a cette conversation très intense avec Ned Stark:
Eddard Stark - […] Go as far away as you can with as many men as you can, because wherever you go, Robert's wrath will follow you. ( Allez aussi loin que vous le pouvez avec autant d'hommes que vous le pouvez car où que vous alliez, la colère de Robert vous suivra. )
Cersei Lannister -  And what of my wrath, Lord Stark? ( Que faites-vous de ma colère, Lord Stark ? ) 

Lorsqu'on est révolté il semble qu'on a tendance à sous estimer « l'adversaire ». C'est une erreur terriblement dangereuse. J'ai découvert la série North and South il y a peu et c'est très intéressant de voir la manière dont la guerre civile américaine est un parfait exemple de ce type de raisonnements. À force d'imaginer que nos prétentions sont les plus justes, que nous sommes les plus légitimes on fini vaincu surtout quand nos exigences sont immorales, injustes et néfastes pour un grand nombre.

Beaucoup pense qu'on ne peut vaincre le mal que par le mal. Est-ce que cela veut dire que les immigrés et les français issus de l'immigration se doivent d'avoir ce genre de remarques consternantes? Évidemment que non. Il est de coutume avant une guerre et pendant celle-ci de dépeindre ses « ennemis » comme des monstres et c'est abject notamment dans les commentaires plus haut. À nous de ne pas nous laissé duper par cette bassesse d'esprits malades. Oui, l'ignorance mêlée à la malhonnêteté ne peut être qu'une maladie de l'entendement humain et on ne la soigne que par l'éducation mêlée à l’honnêteté. J'en suis convaincue.

Moi je ne sais qu’une seule chose et c'est qu'une société qui ne combat pas le mal le favorise ou pire encore, en devient la complice. Au cours de l'Histoire, le mal a toujours eu besoin de l'inaction de la majorité pour triompher. Malheureusement, souvent on ne croit le mal que quand il est en place et installé. Mais sachez-le, je crois aussi que c'est le bien qui détruit le mal et non pas la violence. Nous aurons toujours le choix. Celui de rester dans l'obscurité ou celui d'ouvrir les fenêtres et de laissé entrer la lumière. La lumière c'est la discussion, mais le but de la discussion ne doit pas être la victoire de l'un mais bel et bien une transformation incontestablement constructive pour les deux partis.

Ambre

vendredi 27 juin 2014

Mentir à un enfant, preuve d'amour ou erreur?

Aujourd'hui mon petit frère m'a appelé en larmes et très abattu. Cela m'a donné envie d'écrire un petit article « émotion » ou « sentimental ». Un enfant à son école lui « a mis un ballon dans la figure sans raison » pour le citer. Mon frère a toujours été choqué par la violence de certains de ses camarades en grande partie par ce qu'il a été élevé dans un esprit de non violence total avec ma mère et moi. ( surtout moi ) Mais du coup, il était assez secoué et malheureux. Comme d'habitude, les adultes qui été présents n'ont pas fait grand chose. La seule fois où un réel changement est apparu chez un élève désagréable à l'école de mon frère est survenu après mon explication à la mère de la petite brute que j'allais lui faire un procès.

Mais revenons à mon frère, il n'y avait pas que cette histoire de ballon. Il m'a avoué que les autres enfants de sa classe l'insultaient d'idiot depuis qu'il avait raconté avoir vu un « vrai dragon » à Disneyland. Il était si triste et me répétait que personne ne voulait le croire. Je lui ai répondu que moi je le croyais, comme je le croyais quand il me disait que le Père Noël existe.

Oui, j'ai menti et je mens souvent à mon frère dans ce genre de situations. ( Ne me regardez pas comme ça è_é. ) Pendant la période de Noël, je me souviens avoir répondu à un article qui parlait de ça justement. Nous étions beaucoup à penser qu'il fallait garder les jeunes enfants dans ce monde plein de magie. Car oui, je fais partie des gens qui se réveillent au milieu de la nuit pour déposer les cadeaux sous le sapin en cachette. Mon commentaire avait été beaucoup commenté et un internaute en particulier avait trouvé ma démarche abominable.

Mais voici ce que je pense vraiment. De mon point de vue, la vie est un sacré bourbier. Enfant, évidemment je ne m'en rendais pas compte et je n'imaginais pas ce qui m'attendais. Mais je dois avouer que ces années d'insouciance ont sûrement été les plus agréables de ma vie en grande partie par ce que j'ai pu comprendre comment notre société marchait progressivement. Ce fut pareil pour ce qui est du vrai et du faux. On fini tous par apprendre et accepter que le Père Noël n'existe pas et que la petite souris n'est autre qu'une personne généreuse de notre famille. C'est comme ça. Je ne me vois pas m’asseoir à une table avec mon frère pour lui expliquer que le Père Noël est un personnage fictif, que je suis celle qui lui a acheté sa WII U et ses jeux.

Cette petite lumière qu'il a dans les yeux quand il découvre ses cadeaux, cette joie qu'il laisse échapper et cette émerveillement constant durant la période des fêtes qui ne le quitte pas me fait moi-même retomber en enfance. J'aime cette implication qu'il a dans la décoration du sapin qu'il veut toujours parfait pour éblouir le Père Noël ainsi que le verre de lait et les cookies qu'il laisse près du sapin pour le remercier de sa générosité. ( Oui, j'engloutis le tout moi-même. )

Évidemment que je comprends que certaines personnes ne soient pas d'accord avec cette pratique. Bien entendu que dire la vérité est toujours la chose « morale » ( merci Kant ) à faire mais je pars du principe qu'une petite entorse à la règle ne fait pas de mal tant quelle part d'un bon sentiment et que le résultat est positif notamment quand il s’agit d'enfant. Qu'en pensez-vous ?

Ambre

mardi 24 juin 2014

Admission Postbac, admission poubelle.

Article

Nous sommes le 24 Juin 2014 et aujourd'hui fut un triste jour pour la pauvre étudiante paumée que je suis devenue. Certains me diront, voilà ce qui arrive quand on prend deux années sabbatiques. On se retrouve sur le bord de la route, sous la pluie et sans chaussures. Oui, c'est tout à fait ce que j'ai ressenti quand j'ai pu lire à chaque nouveau vœu : « REFUSÉE ». Il ne manquait plus qu'une typographie rougeâtre pour bien briser le peu d'espoir et d'ego qu'il me restait encore. Après avoir pleuré un bon coup je me suis décidée à chercher un peu de lumière dans cette avalanche de « On ne veut pas de toi Ambre, reste en Norvège avec tes élans ! ». Le voilà qui m'attendait, mon unique vœu avec une réponse positive. Je suis restée à le fixer quelques minutes tant je n'y croyais plus : « Licence 1 - Philosophie - Philosophie » ( Oui, Philosophe x2 ça la rend sûrement plus concrète. À moins que... ça ne soit un bug ).

J'ai eu besoin d'environ une heure pour me rappeler pourquoi j'avais pu choisir de mettre une licence en PHILOSOPHIE en cinquième vœux. Mon raisonnement avait été assez simple. Ma deuxième moi qui aime me donner des conseils bancals m'avait dit : « Tu auras sûrement ton second vœu ou sinon ton troisième vœu. Si vraiment ça ne va pas, le quatrième te sauvera ». Ambre II c'était bien gourée, la sotte ! Il semble que la destinée en ai décidé différemment. Un jeu du sort, une leçon de vie peut être envoyée pour me remettre à ma place. À moi d'accepter que je commence à me faire vielle, vingt-ans déjà et il faut laisser la place aux bacheliers de l'année. Passer par la porte du fond, m'asseoir dans la poussière et me contenter de ce que l'on me donne. C'est la vie et les règles du jeu, je respecte ça.

Mais il faut que je vous le dise, cette situation et cette expérience m'ont poussé à me questionner. Est-ce vraiment si mal que ça de ne pas savoir ce que l'on veut faire à dix-sept ou dix-huit ans ? Est-ce handicapant de prendre deux années de sa vie pour se questionner sur sa personne, ses désirs et ses buts ? Est-ce que cela fait de moi une faignante ou une personne moins méritante à l'accès à l'éducation supérieure ? Suis-je vraiment à punir parce que je ne veux pas me tromper et suivre un cursus qui me mènera dans une impasse ? J'ai eu mon BAC avec mention, j'ai même eu 20/20 à mon écrit d'arts plastiques ( Ah ben oui, c'était quand même 4h dans une salle à disserter sur Ron Mueck. ) mais ça ne compte plus après deux années hors circuit supérieur si je comprends bien.

C'est vrai que j'ai eu 15/20 en Philosophie au BAC et c'est peut-être logique d'être prise dans cette formation mais ce n'était pas mon premier vœu, pas mon second, pas mon troisième, pas mon quatrième mais mon cinquième. Ça fait beaucoup de vœu passés aux oubliettes ou presque. On a tous des goûts, des envies et des besoins spécifiques. Un raisonnement abouti, une réelle interrogation personnelle peut nous aiguiller sur ce que l'on veut et ce qui peut nous aider à nous épanouir. Je veux croire que mes trois premiers vœux étaient ceux qui m'y auraient aidé le plus. Mais non, je vais devoir suivre le cinquième cursus de ma liste parce que je n'ai pas le choix, qu'on me l'impose par manque de place ailleurs. Ça ne me semble pas juste. La vie n'est pas juste, ça je l'ai compris il y a bien longtemps mais je ne sais pas, jusqu'à ce que les résultats apparaissent sur mon écran j'avais l'espoir d'avoir une chance de faire le bon choix finalement et de faire ce qu'il fallait pour m'en sortir et être heureuse.

Ma vie en tant que jeune étudiante en double licence avait été misérable. Je n'étais pas prête, pas bien dans ma tête comme on dit, pas heureuse et pour dire vrai j'étais au fond du trou depuis assez longtemps. Ça n'avait aucun lien avec la double licence en elle-même au début. Les années lycée avaient laissé leur marque en moi et notamment dans l'idée que je me faisais de moi-même. Pendant trop longtemps je m'étais sentie faible, inutile, différente et évidemment repoussante avec tout ça. Le manque de sommeil, le stress, les problèmes quotidiens que la vie universitaire avait apporté m'avaient presque rendus folle et je ne savais pas ce que je voulais, ce que j'allais devenir et encore moins ce que je voulais devenir. Tout le monde me disait que j'étais à présent une adulte mais je n'avais pas l'impression d'avoir été préparée à ce changement.

La plupart du temps, je me sentais seule et abandonnée, sans personne à qui me confier et sans personne pour me comprendre. Tous les gens autour de moi semblaient vivre cette nouvelle vie tellement mieux que moi et tout le monde semblait plus heureux que je ne l'étais. J'avais très vite déchanter au cours de mes premiers mois de double licence et au bout du compte j'avais fini par accepter que je m'étais trompée d'orientation. Voila, c'était dit, intériorisé et ça me frustrer plus que toutes les choses négatives que j'avais expérimenter auparavant. Lorsque les idées noires ont commencé à me submerger et à me hanter chaque semaine un peu plus, j'ai compris que je devais arrêter de me mentir et me soigner. De mon coté il n'y a aucun regret lorsque je pense à ces deux années, elles étaient sûrement les plus idylliques que je connaîtrais dans ma vie.

Enfin bon, nous verrons bien ce qui m'arrive dans un futur proche. Ils disent qu'il faut être positive dans la vie. On met de coté l'amertume et on pense positif.

Ambre