Pour beaucoup d'étudiants, études supérieures riment avec fins de mois austères, chambres de bonnes et overdose de pâtes.
La situation actuelle ne permet pas à tous de d'expérimenter des années d’études sereines. Certains préfèrent s’endetter au près de banques ou travailler pendant leur temps libre pour subvenir à leurs besoins pendant ces années. Dans les grandes villes, c'est souvent le logement qui pose problème, notamment à Paris. Il faut compter en moyenne 800€ pour un F1 décent. Ajoutez à cela les charges, la nourriture, les frais scolaires, les frais de santé, l'assurance étudiante, le transport, la téléphonie, une connexion internet et vous avez un budget nécessaire conséquent.
Pour s'en sortir financièrement de plus en plus d'étudiantes se tournent vers l'escorting. L'escorting consiste à proposer un service d'accompagnement qui, généralement, est associé à des services sexuels. Pour écrire cet article je suis entrée en contact avec une étudiante de vingt-deux ans au moyen du forum Doctissimo. Cela fait deux ans que « Jade » pratique l'escorting à Paris. Voici les questions que je lui ai posé et ses réponses:
Ambre - Quand et où as-tu entendu parler d'escorting pour la première fois?
Jade – À la télévision, une émission sur le sujet. C'était en 2010 il me semble.
Ambre – Qu'est ce qui t'a décidé à te lancer?
Jade – C'est simple, les problèmes d'argent. J'étais arrivée à un point critique et je n'en pouvais plus de luter. Je faisais le ménage chez une dame âgée et un handicapé. C'était difficile, fatiguant et je ne gagnais pas grand chose. Mon découvert est devenu conséquent et je me suis sentie coincée.
Ambre – Comment as-tu trouvé ton premier client?
Jade – Un site de rencontre. Il m'avait contacté auparavant en m'expliquant qu'il cherchait une étudiante pour une relation suivie. Il proposait 100€ pour l'heure. Après avoir hésité, je l'ai contacté.
Ambre – Comment c'est déroulée ta première fois en tant qu'escorte?
Jade – J'avais lu sur un forum qu'il fallait rencontrer le client avant toute chose dans un café par sécurité. C'est ce que j'ai fait. Il a choisi le lieu de rendez-vous et l'heure. J'étais assez anxieuse avant la rencontre. Je lui avais envoyé quelques photos auparavant et décrit les vêtements que je portais par message le jour de la rencontre. Il devait avoir une quarantaine d'années et il avait l'air un peu simplet. On c'est rendu dans un petit hôtel après le café. J'avais honte, l'impression que toutes les personnes dans le hall savaient ce que nous venions faire. Tout c'est passé assez vite dans la chambre. Il m'a donné les deux billets de cinquante au début puis ce qui devait se passer c'est passé. Après l'acte il c'est rhabillé, m'a remercié et il a quitté la chambre. Moi je suis restée un moment, j'ai pris une douche et j'ai pleuré. En rentrant chez moi j'ai décidé d'écrire ce qui venait d'arriver. Ce que j'avais fait. Ça m'a beaucoup soulagé.
Ambre – Tu as recommencé juste après?
Jade – Non. J'ai eu du mal à trouver un nouveau client et le premier ne m'a pas recontacté avant deux mois. Il ne recherchait pas vraiment une relation suivie en fin de compte. J'ai commencé à utiliser des sites d'escorting pour les filles comme moi, ne faisant pas partie d'un réseau. C'était plus simple mais j'ai du poser comme modèle pour avoir des photos à présenter sur le site. Je suis timide à la base, alors ce fut assez difficile de poser dans des positions sexy avec des vêtements très légers. J'ai choisi de rencontrer un nouveau client un mois environ après le premier.
Ambre – Combien de clients as-tu eu depuis que tu as commencé?
Jade – Je ne suis pas sure. Je ne garde pas de liste. J'en ai trois réguliers que je vois deux ou trois fois par mois. Mais en tout c'est assez difficile à dire. Après deux années à faire cette activité et je dois avouer qu'il y en a eu beaucoup de différents. J'ai un peu honte en disant ça mais c'est la vérité.
Ambre – Comment se forme t-on à l'activité d'escorte?
Jade – On se forme seule sur le tas je suppose. Il n'y a pas d'école d'escorting alors on fait comme on peut. Évidemment avoir des rapports et des rencontres nombreuses permet de se faire la main mais il y a aussi la pornographie, il faut se l'avouer. Ça donne des idées.
Ambre – Quel est ton tarif actuel?
Jade – Cela dépend. Pour une heure c'est entre 150 et 250 euros. Pour les clients qui demandent des choses particulières c'est plus évidemment. Si il n'y a pas d'acte sexuel c'est moins.
Ambre – On ne te contacte pas seulement pour des actes sexuels?
Jade – Non, parfois c'est pour aller quelque part. Un restaurant ou un bar. Il y a aussi des fétichistes. Je n'en ai connu que deux. L'un voulait me lécher les pieds pendant trente minutes et l'autre ne faisait que me regarder en lingerie.
Ambre – Psychologiquement comment te sens-tu?
Jade – Il y a des hauts et des bas. La plupart du temps je vais bien. Sans les problèmes d'argent je me sens plus légère et moins frustrée. Parfois je dois avouer que j'ai du mal à me regarder en face. J'ai eu des rencontres désagréables qui m'ont laissé chamboulée et plus fragile. Dans ces moments là je fais toujours une pause.
Ambre – Tu as eu des rencontres « désagréables »? Peux-tu être plus précise?
Jade – Oui. Cela arrive malheureusement. Un client c'est montré violent une fois. J'ai pensé à arrêter et j'ai fait une longue pause. Mais comme toujours j'ai repris mon activité par soucis d'argent.
Ambre – Qu'en est t-il de ta vie sentimentale?
Jade – Je ne tiens pas a avoir quelqu'un dans ma vie pour le moment. Mon activité fait que je ne me sens pas prête à me laissé aller émotionnellement avec un homme. Cette barrière que j'ai entre mes clients et moi, je l'ai aussi dans ma vie de tous les jours maintenant. Je n'imagine pas trouvé un compagnon qui accepte mon activité de toute façon. Peut-être plus tard quand j'aurai arrêté.
Ambre – Y a t-il des personnes dans ton entourage au courant?
Jade – Non. Mes parents seraient totalement détruits en apprenant ce que je fais. Je ne veux pas non plus en parler à mes amis, j'ai peur de leur jugement et de leur réaction. C'est mon choix, mon fardeau et je préfère le garder pour moi.
Ambre – Es-tu en contact avec d'autres escortes?
Jade – Oui. Je me suis faite deux amies qui comme moi sont étudiantes et ont choisi de faire cette activité pour payer leurs études. On se réconforte, on se comprend et on s'entraide.
Ambre – Comptes-tu arrêter?
Jade – J'aimerai tellement mais pour le moment je ne peux pas. J'ai besoin de cet argent. Pour la première fois de ma vie j'arrive à mettre des sous de coté et je vis décemment. Lorsque mes études seront terminées, que je serai diplômée et que j'aurai un métier, j’arrêterai.
Ambre – Puis-je te demander ce que tu gagnes en un mois?
Jade – Cela dépend du nombre de clients au cours du mois. Mais en général ça tourne autour de 2000 – 2500 euros.
Ambre – Comment gères-tu cette argent?
Jade – J'en dépose un peu à la banque. Mais le reste je le garde caché chez moi.
Ambre – As-tu quelque chose à dire aux personnes qui ne cautionnent pas ton activité?
Jade – Je ne suis pas sure. Que puis-je dire? Je me fiche de ce que des inconnus pensent en fait. Pour moi mon activité est une question de nécessité. Sur les forums d'escorting je lis souvent que tout le monde à le choix. C'est faux. C'est souvent des clients qui écrivent ces choses. Les escortes savent bien que cela demande beaucoup de pression pour se lancer dans une telle activité. On cogite beaucoup, rien que sur la question de la sécurité qui revient toujours. Parfois on doit faire ce qu'il faut pour survivre, c'est tout. Si vous avez la chance de ne pas avoir à faire ce genre de choses tant mieux pour vous mais ne jugez pas ceux qui n'ont pas cette chance. Ça ne veut pas dire que je conseillerai à d'autres étudiantes dans ma situation de faire mon activité, juste que je ne les jugerai pas si elles se laissaient tenter.
Jade a le lien de l'article. Vous pouvez donc laisser un commentaire qui lui est personnellement destiné si vous le voulez. ( questions, avis... ) Elle y répondra. Tous les commentaires insultant seront supprimés.
Ambre
Étudiante parisienne fauchée, asociale avec un goût prononcé pour l’apitoiement et la procrastination.
vendredi 4 juillet 2014
Vendre son corps pour payer ses études? Discussion avec une étudiante escorte.
samedi 28 juin 2014
Yahoo ou le repère des racistes frustrés.
Ça fait un moment que je passe sur Yahoo quotidiennement pour suivre un peu les actualités puisque je ne regarde plus la télé depuis déjà cinq ans. C'est fou comme le temps passe vite. Mais bon, depuis que je suis à Oslo je dois avouer que c'est le seul site où je prends le temps de lire les commentaires de mes compatriotes. Depuis quelques temps, j'ai l'impression que les commentaires racistes ou haineux se multiplient et du coup, j'ai décidé pendant une heure de regrouper tous les commentaires significatifs que je trouvais sur le site. Au début, j'imaginais ne pas en avoir assez pour écrire mon article mais je me trompais il semble.
Quelques mots clés :
1) Boukak → (Vulgaire) Arabe ou Noir. [ Synonyme : Bougnoule ]
2) Cpf → Chance pour la France, expression ironique utilisée par les internautes d’extrême-droite pour désigner les immigrés ou les Français issus de l’immigration.
3) Français de papiers → Français issus de l'immigration. ( Quelqu'un comme moi. )
En lisant ce genre de choses on peut se questionner sur l'avenir. Moi ça me donne surtout envie d'apprendre à utiliser un 9mm au cas ou une guerre civile éclate en France. ( Je plaisante … enfin je crois. ) Mais soyons sérieux un instant et essayons d'être plus futés que les auteurs des commentaires postés plus haut. Ce qu'il faut retenir de ces commentaires pour commencer :
Les Français de « souche » sont plus importants que les Français « de papiers » qui sont eux-même plus important que les immigrants qui sont eux-même un chouïa plus tolérable que les immigrants sans papiers. Vous me suivez toujours ?
Les Français de « souche » sont tous des saints qui se font régulièrement agressés par des musulmans, des noirs ou cambriolés par des Roms.
Les Français de « papiers » profitent du système et amassent des fortunes grâce aux aides de l'état Français. Un bon Français de « papiers » payent des impôts, trime toute la journée et ne se plaint jamais. Si il se plaint il ferait mieux de retourner dans son pays « d'origine » car même si il est né en France, la France n'est pas vraiment son pays.
Les quartiers dits sensibles sont violents par ce qu'ils sont remplis de Français de « papiers » et d'immigrants. Oui, le problème n'est pas la misère économique et le manque d'éducation.
Ils portent naturellement dans leurs gênes et cultures barbares un goût prononcé pour la violence et la criminalité.
Les journalistes cachent la vérité dès qu'ils ne donnent pas l'origine ou le noms de famille des criminels dans leurs articles faits divers. Oui, c'est obligatoirement un étranger ou un français de papiers qui à fait le coup.
Christiane Taubira, la ministre de la Justice est la cause de tous les problèmes de récidives et des crimes en général par ce qu'elle n'a pas su enfermer les individus louches au cas par cas. N'oublions pas aussi qu'elle n'est pas née en Métropole et a un accent des îles. Elle ne peut être qu'une traîtresse cherchant à faire souffrir les français de souche, protéger les français de « papiers » et les immigrants qui se détournent du droit chemin.
Il faut voter Marine Le Pen aux présidentielles par ce qu'elle mettra dehors tous les étrangers.
Soyons sérieux quelques minutes après cet amas d'absurdités. Quand je pense à tous ces commentaires et les personnes qui les écrivent je me pose une question. Pense t-il réellement qu'ils sont les seuls à être mécontents et avec des prétentions? Ça me fait penser à un dialogue dans Game of Thrones où Cersei Lannister a cette conversation très intense avec Ned Stark:
Eddard Stark - […] Go as far away as you can with as many men as you can, because wherever you go, Robert's wrath will follow you. ( Allez aussi loin que vous le pouvez avec autant d'hommes que vous le pouvez car où que vous alliez, la colère de Robert vous suivra. )
Cersei Lannister - And what of my wrath, Lord Stark? ( Que faites-vous de ma colère, Lord Stark ? )
Lorsqu'on est révolté il semble qu'on a tendance à sous estimer « l'adversaire ». C'est une erreur terriblement dangereuse. J'ai découvert la série North and South il y a peu et c'est très intéressant de voir la manière dont la guerre civile américaine est un parfait exemple de ce type de raisonnements. À force d'imaginer que nos prétentions sont les plus justes, que nous sommes les plus légitimes on fini vaincu surtout quand nos exigences sont immorales, injustes et néfastes pour un grand nombre.
Beaucoup pense qu'on ne peut vaincre le mal que par le mal. Est-ce que cela veut dire que les immigrés et les français issus de l'immigration se doivent d'avoir ce genre de remarques consternantes? Évidemment que non. Il est de coutume avant une guerre et pendant celle-ci de dépeindre ses « ennemis » comme des monstres et c'est abject notamment dans les commentaires plus haut. À nous de ne pas nous laissé duper par cette bassesse d'esprits malades. Oui, l'ignorance mêlée à la malhonnêteté ne peut être qu'une maladie de l'entendement humain et on ne la soigne que par l'éducation mêlée à l’honnêteté. J'en suis convaincue.
Moi je ne sais qu’une seule chose et c'est qu'une société qui ne combat pas le mal le favorise ou pire encore, en devient la complice. Au cours de l'Histoire, le mal a toujours eu besoin de l'inaction de la majorité pour triompher. Malheureusement, souvent on ne croit le mal que quand il est en place et installé. Mais sachez-le, je crois aussi que c'est le bien qui détruit le mal et non pas la violence. Nous aurons toujours le choix. Celui de rester dans l'obscurité ou celui d'ouvrir les fenêtres et de laissé entrer la lumière. La lumière c'est la discussion, mais le but de la discussion ne doit pas être la victoire de l'un mais bel et bien une transformation incontestablement constructive pour les deux partis.
Ambre